Automne 2007
Ça commence par le tri de mes archives de dessins et photos des années préhistoriques de l’informatique.
Des CD pourris qui se lancent tant bien que mal, souvent mal, quelques-uns plantent d’ailleurs mon PC.

Ouverture après ouverture, me voici devant un petit disque attirant toute mon attention.
Un CD visiblement bon marché, gravé, dont un feutre aussi indélébile qu’anonyme a manuscrit  Sophrologie  en sa surface.
C’est pas mon écriture, j’en suis certain.
Que fait ce CD dans mon mobilier, j’en sais rien.
C’est quoi la sophrologie, j’en ai une idée plutôt vague-sur-laquelle-on-ne-pourrait-pas- amuser-une-planche-hawaïenne.

En son cœur l’unique fichier  sophro.mp3  reçoit la flèche de mon curseur.
Le lecteur se lance.
Ma première impression est apaisante.
Un bruit de vague, un flux et reflux, au loin des oiseaux ; des mouettes ? Je pense.
Une voix féminine très calme suggère de m’allonger dans un endroit qui me convient, me dit que je suis bien installé, que mon téléphone est éteint et que la séance va débuter…

Bon.
Mal assis sur un fauteuil pourrave de bureau au skaï défraîchi, je récupère le disque informatique et quitte l’endroit.

Lecteur de CD branché avec un casque sur mes oreilles, allongé dans mon lit je remets le CD.
J’ai éteint mon téléphone, ch’uis bon public.

À nouveau le bruit de ces vagues, j’identifie mieux les mouettes.
Cette voix… calme… douce…sensuelle…
L’articulation quasi voluptueuse m’affirme que je suis dans un environnement serein, ses mots me convient à me détendre, à fermer les yeux, à me relâcher, elle me demande de  mettre la paume des mains vers le haut, je m’exécute et me laisse bercer.
Avant tout je dois me concentrer sur ma respiration… Inspirer profondément… lentement… longuement… puis expirer lentement, pour évacuer… lentement…au rythme des vagues, subtil flux et reflux qui s’évanouit en moi.

Elle me suggère de me concentrer sur ma respiration, sur le ressenti de mon ventre qui gonfle puis se relâche, je me plais à aimer l’ouverture de mes côtes durant la respiration, l’ouverture de mes épaules…
Putain c’est vraiment bien, j’y suis, je ressens tout ça !
Les mouettes ont disparu, la mer n’est plus, seule une musique toute simple, une flûte de pan ou une harpe je ne sais pas, c’est tout doux, très pur…
La voix me fait éteindre mes muscles depuis le haut du crâne, descend sur le front que je déride lentement, puis mes sourcils qui autorisent alors mes yeux à s’apaiser totalement.
Mes pommettes deviennent soudainement toutes molles au son de ses recommandations, puis ma mâchoire, mes épaules, enfin mon cou, mon torse, mes bras…
Liquéfiés mes bras, je ne les sens plus.
Toute la traversée est magique.
Je ne sais pas combien de temps dure cette séance, je suis tellement dans l’ambiance de cette voix bénéfique que je suis en suspension totale avec mon corps évanoui…
A la fin du CD je suis en symbiose parfaite avec tout ce que cette voix m’invite à ressentir en mon être que je découvre.
Le temps est un nuage de plaisirs, mes jambes sont comme l’ensemble de mon corps, totalement épanouies, je flotte, je lévite,…
Et lorsqu’elle me demande de mettre ma main sur mon ventre, je mets ma main sur mon ventre.
Et lorsqu’elle me dit que je suis en adéquation parfaite avec mon ventre je le suis.
Et quand elle me dit que ma main ressent la vie dans mon ventre, je ressens cette vie.

C’est quand elle me confirme que je ressens l’enfant dans mon ventre que je comprends que mon CD est une séance de relaxation pour femme enceinte.
Et là je me dis que je suis vraiment très bon public.
Fin de la séance.

 

sophro

4 réflexions au sujet de « Ma rencontre avec la Sophrologie »

Laisser un commentaire