Je ne me rappelle plus quel saligaud de l’école de Biron m’annonça que le Père-Noël n’existait pas.

Je n’ai pas un réel souvenir de cet instant crucial pour mon éveil intellectuel, en tête j’ai la vision de la cour élémentaire dans laquelle trônaient fièrement trois platanes ;  je me remémore mon tablier bleu dont la poche de poitrine était floquée d’un truc un peu doré, et c’est tout.
Trois platanes, un tablier, in fine une déception profonde de comprendre la mauvaise plaisanterie.

Je crois que je me doutais un peu que le Père-Noël n’existait pas, d’autant qu’il n’apportait que des cadeaux auxquels je n’avais pas pensé et qui tombaient pile-poil avec les besoins scolaires, en l’occurrence une flûte à bec ou un cahier à carreaux.
Bonus : Deux mandarines et quelques carrés de chocolat par enfant, le type en rouge savait parfaire l’émerveillement collectif matinal.

De mon Noël d’enfant j’ai le doux crépitement de la cheminée avant la messe de minuit, l’excitation du réveil qui nous dirige vers le sapin, une joie indicible durant la journée, une mandarine et un peu de chocolat à déguster précieusement, de la chaleur, de l’amour, du bonheur.

Je ne me rappelle pas quel saligaud me confirma le mensonge parental, ce jour-là j’étais moulé dans un tablier floqué, près de trois platanes, en larmes.

 

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